mercredi 13 septembre 2017

info du CTRC, Rapports locataires / Bailleurs La rupture conventionnelle du contrat de travail ouvre droit au congé avec préavis réduit à un mois

Le saviez-vous ?



Rapports locataires / Bailleurs

La rupture conventionnelle du contrat de travail ouvre droit au 
congé avec préavis réduit à un mois


Rappelons que l’article 15-1 de la loi du 6 juillet 1989 impose au locataire un préavis de 3 mois pour donner congé au bailleur sauf si le locataire se trouve en situation, notamment, de perte d’emploi auquel cas le préavis pour congé est réduit à un mois.

Cette notion de « perte d’emploi » posait question dans le cadre d’un congé donné au bailleur avec un délai de préavis réduit justifié par un certificat de rupture conventionnelle du contrat de travail ; en effet, cette rupture était considérée intervenir avec le consentement du salarié  ce qui s’opposait à retenir la notion de « perte d’emploi » telle qu’elle s’impose au salarié indépendamment de sa volonté.

Cette interrogation a été levée par une décision de la Cour de Cassation du 9 juin 2016 qui affirme que la rupture conventionnelle du contrat de travail constitue une perte d’emploi au sens de l’article 15-1 de la loi du 6 juillet 1989 et en conséquence ouvre droit au préavis réduit d’un mois pour donner congé au bailleur.




Le 13 septembre 2017






Sources : Cass.civ.3°ch. 9 juin 2016 – Pourvoi n° 15-15175

samedi 2 septembre 2017

HYPER ELECTROSENSIBLES, enquête de FR3 Occitanie

"Pouvez-vous y croire ? Si ce n'est pas le cas, ce n'est même pas la peine de venir." Yves est méfiant. Il y a dix ans, il aurait pu être placé en hôpital psychiatrique comme d'autres l'ont été. Encore aujourd'hui, certains peuvent l'être. Abandonnés et incompris, plusieurs se sont suicidés. D'autres ont tout quitté : travail, famille, ville et civilisation. Partis en errance. Sans savoir ce qu'il leur arrivait. Fuyant un mal invisible. Fuyant les ondes.
Ils sont électrohypersensibles. Ils seraient de l'ordre de 2 à 3 % de la population en France. Le site Internet Une terre pour les EHS, qui appelle les électrohypersensibles à se recenser eux-mêmes, en compte plus de 1400 en août, près de 70 en Midi-Pyrénées et quasiment le même nombre en Languedoc-Roussillon.

Loin de tout

C'est le cas de Clément Boher, 23 ans. Il habitait la région toulousaine, avec ses parents, lorsqu'il est devenu électrohypersensible il y a sept ans. Il a dû tout quitter il y a un an et demi pour s'isoler dans les Pyrénées-Atlantiques. Ses parents l'ont suivi. Loin des ondes.

Violette Gould, 17 ans maintenant, n'a pas eu besoin, elle, de déménager. Où elle vit, dans le Couserans, en Ariège, "en fond de vallée", elle reste à l'abri des ondes.

Lorsque s'est déclaré son handicap en 2010, c'est une nouvelle vie qui a commencé pour elle : impossible d'aller à l'école et début des cours par correspondance, impossible de se déplacer en ville, de garder le contact avec ses amis, impossible aussi d'aller soigner son genou. "Du collège, je n'ai gardé qu'une seule amie, témoigne-t-elle, aujourd'hui. C'est sûr que je n'ai pas la vie sociale que j'aimerais avoir."

Les électrohypersensibles se retrouvent isolés, ne pouvant profiter des services publics et perdant totalement toute autonomie. "On oblige Clément à se confronter aux ondes pour ne pas être totalement coupé", confie Sylvie, sa mère.

Violette voulait devenir paléontologue. Elle a pu obtenir son baccalauréat après des mois et des mois de démarches pour pouvoir le passer dans une salle à l'abri des ondes au centre hospitalier Ariège-Couserans. "Je vais cependant devenir bergère, déplore-t-elle. Je vais faire un stage auprès d'une connaissance pour ça. Je ne peux pas étudier. Le faire par correspondance, ça suffit. J'espère ne pas faire ça toute ma vie, mais c'est le seul métier que j'ai trouvé pour ne pas être exposée aux ondes."
Je n'arrive pas à retrouver un travail
Clément, lui, a pu décrocher son bac. Il voulait devenir accompagnateur en montagne. Impossible maintenant : même en montagne, les ondes sont présentes et le métier oblige à avoir des moyens de communication. Ses journées sont rythmées par l'occupation des espaces verts de sa maison et des quelques animaux qu'il a, "mais pas assez pour en vivre".

Des concessions, il faut savoir en faire lorsqu'on est électrohypersensible. C'est même une question de survie. Evy Rouque, 60 ans, sait ce que c'est. Elle a habité la région parisienne pendant des années. Elle vit désormais en Creuse, loin de la borne wifi de ses voisins du dessous ou des antennes-relais des opérateurs téléphoniques.

Bien qu'elle soit devenue électrohypersensible en 2007, elle n'a pu déménager il y a qu'un an et demi. La galerie d'art où elle travaillait venait de fermer et Evy se retrouvait donc sans emploi et sans attache. Elle est aujourd'hui toujours au chômage.

"Je n'arrive pas à retrouver un travail, explique la sexagénaire. Je ne peux pas m'approcher du wifi et il y en a partout aujourd'hui." Elle a bien voulu faire du télétravail, le filaire ne posant aucun problème : "On m'a répondu que c'était impossible et que je devais obligatoirement venir dans les bureaux."
La vie en ville, pour les électrohypersensibles, est compliquée à cause de la présence constante des ondes électromagnétiques, notamment émises par les antennes relais. Elles sont souvent installées en haut d'immeubles habités (avec des habitants surexposés). / © Aubin Laratte / France 3
La vie en ville, pour les électrohypersensibles, est compliquée à cause de la présence constante des ondes électromagnétiques, notamment émises par les antennes relais. Elles sont souvent installées en haut d'immeubles habités (avec des habitants surexposés). / © Aubin Laratte / France 3

Des souffrances invivables

Qu'est ce qui rend la vie de ces personnes si dure ? Les symptômes. "Ils sont multiples", explique le professeur de cancérologie à l'Université Paris-Descartes, Dominique Bellepomme, l'un des rares spécialistes du sujet en France. Tout commence par des douleurs au niveau des oreilles, des maux de tête, des picotements dans les membres...

Plus tard, ils sont atteints de troubles cognitifs et même de pertes de mémoire. On remarque aussi chez les personnes électrohypersensibles une fatigue importante, des difficultés pour dormir et une perte d'appétit. Des problèmes de vision et auditifs peuvent aussi rendre la vie dure aux personnes électrohypersensibles.

Cette maladie évolue dans le temps : "Au début, les malades vont être sensibles à une gamme de fréquences électromagnétiques pour ensuite être sensibles à l'ensemble du spectre électromagnétique, explique Dominique Bellepomme. On aboutit à une intolérabilité aux champs électromagnétiques."
Tout le monde est sensible aux ondes, certains sont hypersensibles
On distingue, parmi les ondes électromagnétiques, celles de basses fréquences et, les autres, de hautes fréquences. Les premières sont émises par les lignes électriques, les transformateurs ainsi que tous les appareils électriques branchés. Les deuxièmes sont émises par tout appareil qui transmet une information, c'est le cas des antennes relais, une borne wifi, le téléphone portable ou encore le four à micro-ondes.

Ces ondes électromagnétiques sont classées comme "potentiellement cancérigènes". "Il y a un potentiel risque sanitaire", confirme Catherine Gouhier, secrétaire générale du Centre de recherche et d'information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem). Elle écrit un livre sur l'électrosensibilité, "pour montrer que chacun de nous est sensible et que d'autres sont hypersensibles".

S'éloigner des zones exposées aux ondes, "se mettre au vert" comme disent les malades, permet de se sentir mieux au bout de quelques jours. C'est une maladie qui, dès qu'elle se déclare, "nécessite une prise en charge rapide", explique Sophie Pelletier, porte-parole de l'association Electrosensibles de France. Rester trop longtemps exposé au mal accentue la sensibilité et la souffrance.

Sophie Pelletier parle des symptômes qui rendent la vie difficiles aux personnes électrohypersensibles

"C'est tout qui s'écroule"

L'électrohypersensibilité conduit donc à l'errance. "Certains sont obligés d'aller vivre nulle part, explique Sophie Pelletier. Plusieurs ont réussi à se caler dans un petit coin loin de tout pour vivre leur petite vie."

De nombreuses personnes ont dû arrêter de travailler pour se "mettre au vert". "Certains circulent dans les zones sans ondes à bord de camions métalliques, transformés en cage de Faraday, pour ne pas être atteints par les ondes", confie Marie-France Hebrard, présidente de l'association Robin des toits en Midi-Pyrénées et elle-même électrohypersensible.

Chez eux, dans une maison préservée des ondes "pour le moment", Clément et sa famille accueillent régulièrement des électrohypersensibles. "On a 3-4 personnes qui viennent régulièrement, confie Sylvie. Certains ne se déplacent qu'en fourgon et viennent ici pour se reposer ou s'approvisionner en nourriture."
Il y en a qui crèvent dans leur coin

Parmi ses visiteurs réguliers : un maître de conférence, originaire de Normandie, "très intelligent, qui parle 7 langues", aujourd'hui en souffrance sur les routes de l'Ariège. Clément lui même s'est retrouvé quelque temps en errance à rouler en fourgon à la recherche d'un coin paisible.

Des familles et des couples sont brisés. "Il y en a qui crèvent dans leur coin, déplore Evy, qui tient aussi un blog sur l'électrohypersensibilité. Il y en a qui vont se réfugier dans des grottes."

Ce syndrome, récent, détruit des vies. Marie-France Hebrard raconte l'histoire d'une personne qui s'est découverte électrohypersensible : "Son compagnon, lui, était technophile. Le couple s'est séparé." La petite amie de Clément l'a quitté et n'a plus jamais donné de nouvelles. "C'est tout qui s'écroule", témoigne Sylvie, sa mère.
Yves, à Rieux-de-Pelleport (Ariège), dit être devenu électrohypersensible après la pose de son compteur Linky. Depuis, il a couvert ses murs d'aluminium pour se préserver des ondes. / © Aubin Laratte / France 3
Yves, à Rieux-de-Pelleport (Ariège), dit être devenu électrohypersensible après la pose de son compteur Linky. Depuis, il a couvert ses murs d'aluminium pour se préserver des ondes. / © Aubin Laratte / France 3

Tout le monde est vulnérable

Vous-même pourriez devenir électrohypersensible. Rien ne prédestinait ces hommes et femmes à le devenir. Un jour dans leur vie, ils ont vraisemblablement tous été confrontés à une forte et/ou longue exposition aux ondes. Leur corps a dit stop. Depuis ce jour, ils ne supportent plus les ondes.

"On n'aime pas le terme maladie, explique Sophie Pelletier. On préfère parler de perte de tolérance aux ondes électromagnétiques." "C'est comme une intolérance au gluten", ajoute Catherine Gouhier.

Sophie Pelletier évoque la façon dont on devient électrohypersensible

Ce jour-là, Yves Stephan s'en souvient. "C'était le 5 janvier 2017", explique-t-il. Cet habitant de Rieux-de-Belleport, en Ariège, est catégorique : "Dès le jour où on nous a installé le compteur Linky, ça a commencé." Comme lui, sa femme, Eliane, l'est devenue à ce moment-là. Depuis, le couple ne dort plus chez lui. Après avoir pris la route pour se réfugier dans des zones paisibles pendant l'hiver, dormant chaque nuit dans leur voiture, il a installé une tente dans son jardin.

Chez Enedis (ex-ERDF), on défend son compteur intelligent "qui n'est rien d'autre qu'un compteur". Chaque foyer devra en être équipé d'ici 2021. "C'est un appareil qui respecte les normes et qui émet bien en-dessous de celles-ci, explique François Camerlynck, directeur territorial en Ariège. Si ces normes ne conviennent pas, alors c'est à ceux qui les déterminent qu'on doit le reprocher."

Une autre source, toujours à Enedis, considèrent ces malades comme atteints de "troubles d'ordres psychiques", des troubles que certains utiliseraient pour dénigrer ce compteur.
C'est l'environnement du patient qui pousse à l'électrohypersensibilité
Violette, elle, est devenue électrohypersensible à la suite de deux événements concomitants. C'était en 2010. Elle avait 11 ans : "J'avais fait une longue balade sous une ligne à très haute tension pendant l'été puis, quand je suis rentrée au collège en septembre, une antenne 3G avait été installée sur le toit de l'établissement. Depuis, je ne supporte plus du tout les ondes."

L'histoire est la même pour Evy. Lorsqu'elle rentre de vacances dans son appartement parisien, l'antenne-relais qui se trouve juste en face de chez elle a été montée en puissance. "La 2G m'avait déjà fragilisée, confie-t-elle. La 3G m'a tuée." Certains sont devenus électrohypersensibles car exposés trop longtemps ou restés trop près d'une borne wifi.

"Une certaine exposition aux ondes va modifier le comportement, explique Dominique Bellepomme. C'est l'environnement du patient qui pousse à l'électrohypersensibilité."

Comment expliquer que des personnes, d'une même famille, baignant dans un même environnement, ne deviennent pas tous électrohypersensibles ? "Tout le monde est sensible aux ondes, réagit Sophie Pelletier. Il suffit de rester plusieurs heures au téléphone portable pour avoir mal à la tête. Certaines personnes sont cependant plus sensibles que d'autres." On constate cependant plusieurs cas dans lesquels une famille entière, ou au moins plusieurs membres, se retrouvent dans cette situation.

Une maladie compliquée à diagnostiquer

L'électrohypersensibilité est un syndrome récent. Il est de plus en plus répandu avec le développement du réseau mobile, l'augmentation des puissances (le passage à la 3G, 4G, et bientôt le 5G), la mise en place de bornes wifi dans les espaces publics et l'amplification des nouvelles technologies qui multiplient les machines émettrices d'ondes.

"Certains sont électrohypersensibles, mais ne le savent pas car ne connaissent pas l'électrohypersensibilité", explique Sophie Pelletier. C'était le cas d'Evy, lorsqu'il y a dix ans, elle a été atteinte par les premiers symptômes. Elle passe à l'époque plusieurs examens : ils ne donnent rien. "Selon eux, j'étais en très bonne santé !", explique-t-elle. En réalité, elle a des vertiges, des nausées, des pertes de mémoire, sa vue baisse et elle souffre de migraines. "Je lisais, mais ne comprenais pas ce que je lisais", se souvient-elle.
Ils ont cru que j'étais dingo
En souffrance, elle reste terrée chez elle des jours entiers. Sans comprendre que le mal est juste en face de sa fenêtre, pointé vers elle. Son état ne s'arrange pas. Un jour, elle va loger chez un de ses amis. Elle se rend compte qu'elle se sent mieux. Lorsqu'elle retourne chez elle, ça ne va plus. Elle comprend et fait le lien avec l'antenne-relais qui trône en face de chez elle. "Je ne pouvais plus rentrer chez moi, je me suis retrouvée à la rue", témoigne-t-elle.

Entre temps, Evy fait le tour des médecins de la capitale. "La plupart ne connaissait rien aux champs électromagnétiques, se souvient-elle. Qu'est-ce qu'on me dit ? Que c'était le stress ! Le stress !" Un jour, on lui propose une prise en charge en hôpital psychiatrique. "Ils ont cru que j'étais dingo", confie-t-elle. C'était en 2007.

Marie-France Hebrard aussi a mis du temps avant de comprendre ce qu'elle avait. Elle souffrait de troubles de la vision, avait des douleurs dans la nuque et souffrait d'arythmie cardiaque. Ces symptômes ne se déclaraient que lorsqu'elle sortait de chez elle.

"Les médecins me prescrivaient des bêtabloquants qui me mettaient totalement à plat", se souvient-elle. Elle comprendra l'origine de son mal-être lorsqu'elle se sentira de nouveau mieux dans une zone blanche. La situation a duré de trois ans.

Clément souffrait lui de douleurs musculaires et dans les articulations. "On me disait que c'était normal, que c'était parce que j'étais très sportif", explique le jeune homme. Avec le temps, il perd l'audition à l'oreille droite, se retrouve de plus en plus aux urgences à cause de défauts cardiaques... Plusieurs fois, c'est l'ambulance qui l'a transporté. Le corps médical lui prescrit de la codéine. Sans effet.

Dominique Belpomme, professeur de cancérologie et président de l’Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse (Artac) est l'un des seuls spécialistes en France de l'électrohypersensibilité. / © Mehdi Fedouach / AFP
Dominique Belpomme, professeur de cancérologie et président de l’Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse (Artac) est l'un des seuls spécialistes en France de l'électrohypersensibilité. / © Mehdi Fedouach / AFP

C'est seulement informé par un médecin qu'il ira voir le docteur Dominique Belpomme qui diagnostiquera un syndrome d'électrohypersensibilité. Il aura fallu attendre six ans. Six années durant lesquelles Clément sera resté confronté aux ondes.

"Aujourd'hui, le tableau est moins noir, confie Sophie Pelletier. Le corps médical commence à en prendre conscience, mais c'est encore le cas d'être pris pour un fou." Incompris, plusieurs ont été placés par leurs familles en psychiatrie. D'autres ne comprenant pas ce qui leur arrivait ont tout quitté ou ont mis fin à leurs jours.

C'est une idée qui a traversé l'esprit d'Yves et Eliane. "Mes parents pensaient au suicide lorsque ça allait vraiment mal, je les voyais dépérir", confie leur fille. Au début, elle allait leur rendre visite deux fois par jour. "On a eu la chance d'être entouré, on a pu se réfugier chez mon frère, chez d'autres membres de la famille, explique Yves. Seuls, nous ne savons pas comment nous aurions fait et où nous serions..."

Une lutte de tous les jours

Vous n'y croyez pas ? Beaucoup sont dans votre cas. Pour les malades, cela est une souffrance supplémentaire. "Il y en a même dans ma famille qui n'y croient pas..., déplore Yves. Quel serait mon intérêt d'inventer tout ça ?" Ses amis lui ont confié que si ça n'avait pas été lui, alors ils n'y auraient pas cru. Il espère une reconnaissance par l'État et le corps médical de la maladie.

"La lutte contre les institutions pour reconnaître cette maladie est aussi un combat de tous les jours", explique Sylvie. Son fils, Clément, lui, a eu des problèmes lorsqu'il étudiait. "On me disait que j'étais un fainéant, se rappelle-t-il. Que je faisais du cinéma juste pour ne pas travailler." Même sa mère avoue avoir été prise de doutes avant de se rendre compte de la réalité de la souffrance de son fils.

Le professeur Dominique Belpomme a mis sur pied une batterie de tests pour démontrer l'électrohypersensibilité des patients au-delà de leurs simples dires : il fait passer des tests sanguin et urinaire ainsi qu'un examen à l'écho doppler cérébral pulsé.
Yves a aménagé sa maison de façon à vivre correctement. Il dort dans une tente installée dans son jardin. Il ne peut pas encore déménager, mais y pense. / © Aubin Laratte / France 3
Yves a aménagé sa maison de façon à vivre correctement. Il dort dans une tente installée dans son jardin. Il ne peut pas encore déménager, mais y pense. / © Aubin Laratte / France 3

Déménager et aménager son logement

La solution, les électrohypersensibles la connaissent : déménager vers une zone blanche, à l'écart des ondes. "Il faut les moyens, admet Sophie Pelletier. Ça peut être coûteux, mais il faut aussi avoir le courage de tout quitter." Dans les Pyrénées, ils sont nombreux à s'y être réfugiés. "Si ma belle-mère n'habitait pas chez nous, on serait déjà partis dans les montagnes", avoue Yves. Il a déjà repéré un lieu, à 2000 mètres d'altitude, "où (il) se sent bien".

Une fois Clément diagnostiqué électrohypersensible, ses parents n'ont pas hésité très longtemps. "Ça s'est fait en six mois", explique Clément. Sa mère, qui avait démissionné pour s'occuper de son fils, ajoute : "Quand on vous dit que la seule solution c'est de déménager ou que vous pleurez votre fils d'ici trois ans, on se décide assez vite."

Lorsque la famille s'est installée ici début 2016, elle avait eu l'assurance que la couverture mobile n'évoluerait pas. "Il y a maintenant la moitié de nos terres qui, au début, n'avaient pas d'ondes et qui sont maintenant impossibles à fréquenter pour Clément, témoigne sa mère. C'est un vrai coup de poignard dans le dos. Une trahison."

Pour sensibiliser les politiques à cette maladie, et demander des solutions, Clément leur a écrit. Chaque candidat à la présidentielle a reçu une lettre. Un seul, Jean-Luc Mélenchon, a répondu. Il en aurait fait un thème de l'entre-deux tours s'il y avait accédé. Depuis qu'Emmanuel Macron a été élu, il envoie des courriers à Brigitte Macron, sa femme. Sans plus de succès.

La lettre de Clément Boher à Emmanuel Macron. Elle est toujours sans réponse.


Pour ceux qui ne peuvent pas déménager, "ils se débrouillent et bricolent pour se protéger des ondes", explique la présidente de l'association des Electrosensibles de France. L'idée est de faire de son domicile, ou d'au moins une pièce de la maison, une véritable cage de Faraday, c'est-à-dire totalement imperméable aux ondes. "C'est de la peinture, des papiers peints ou des rideaux", expose Sophie Pelletier qui pointe du doigt le coût de tels dispositifs. "Ça coûte une fortune", affirme-t-elle. "Il y a aussi des vêtements, mais leur utilité reste minime et les tissus perdent de leur efficacité avec le temps", explique Dominique Bellepomme.

Yves estime l'aménagement de sa maison à plus de 10000 euros. "Et encore, je suis bricoleur, donc c'est moi qui l'ai fait", précise-t-il. Il a abandonné son lit "haut de gamme motorisé", son canapé électrique et ses téléphones sans fil, "une vraie merde, pire que le téléphone portable". Il a débranché son micro-onde, son four, son lave-vaisselle, sa machine à laver et son sèche-linge.

Le frigo a déménagé au garage. Il a retiré ses grands lustres et les a remplacés par des spots "pour que ça rayonne plus haut". Il a remplacé sa plaque à induction par une plaque à gaz. Sur les murs, il a posé des couches d'aluminium qu'il a recouvert de placo.

Tout ce qu'il reste d'électrique chez lui est relié à la terre pour limiter la présence de champs électromagnétiques en surface. Il s'est aussi équipé d'un harmoniseur de circuit électrique qui permet d'équilibrer les ondes dans l'environnement. Impossible pour lui de toucher au compteur Linky : c'est la loi et il ne lui appartient pas. La fille du couple a lancé une pétition sur Internet pour le faire retirer.

Clément, lui, ne peut sortir sans protection. Il a pu récupérer des tissus qu'utilisaient les militaires pour se protéger des ondes lorsqu'ils manipulaient les radars desquels émettent un grand nombre d'ondes. C'est ce même tissu que se sont procurés Yves et Eliane. Ils vont se coudre quelques vêtements avec.

Au tout début, Yves s'était confectionné un bonnet en aluminium. Il avait aussi réalisé un baldaquin tout autour de son lit, uniquement composé de couvertures de survie. "Ça ne fonctionnait pas tellement", avoue-t-il.

Une nuit, peu de temps après le déclenchement de son électrohypersensibilité, il ne parvient pas une fois de plus à dormir. Il cherche à s'occuper. Il monte alors une structure de grillages tout autour de son lit, reliée à la terre, en espérant pouvoir faire fuir le surplus d'ondes électromagnétiques. Sans succès.

Sophie Pelletier évoque les aménagements disponibles pour se protéger des ondes

À L'Union, en Haute-Garonne, tout près de Toulouse, la famille de Céline, elle-même électrohypersensible, comme sa fille et son mari, refuse de quitter sa maison bien qu'une antenne relais y est placée à quelques centaines de mètres. "On s'est installé ici en 1985 et l'antenne a été posée en 1997", explique-t-elle.

Désormais, ils logent dans leur garage, moins exposé aux ondes et bricolé de sorte à ce que le moins d'ondes possibles n'y entrent. Déménager ? "On l'a envisagé, mais pour aller où ?" "On veut la liberté de vivre là où on a envie", ajoute Céline.

Se mettre au vert pour se ressourcer

Pour la plupart des électrohypersensibles, "se mettre au vert" quelques jours permet de reprendre de la force pour quelques semaines face aux ondes. C'est de ce constat qu'Anne-Laure Mager, elle-même électrosensible, présidente de l'association Perdons pas le fil, a pensé un projet de zone blanche dans les Pyrénées-Orientales sur les communes d'Amélie-les-Bains et Saint-Laurent-de-Cerdans. Depuis quelques années, elle y met toute ses forces, mais le projet bute face au manque de moyens financiers et, peut-être, à la volontée réelle des élus.

Anne-Laure Mager, de l'association Perdons pas le fil, a déjà repéré une zone dans les Pyrénées-Orientales qui pourrait être utilisée pour accueillir des électrohypersensibles. / © France 3
Anne-Laure Mager, de l'association Perdons pas le fil, a déjà repéré une zone dans les Pyrénées-Orientales qui pourrait être utilisée pour accueillir des électrohypersensibles. / © France 3

"L'idée est de créer un lieu où des personnes malades pourraient venir quelques jours ou semaines, ou même plus longtemps si besoin, afin de se soigner et de permettre à des gens de conserver leur boulot et un semblant de vie familiale", explique-t-elle.

Sur cet endroit, elle imagine déjà une nouvelle vie : des habitants pourraient lancer leurs affaires, vivre en autosuffisance, les scientifiques pourraient venir faire des recherches...

Niveau soins, l'intérêt de telles zones est concret. "C'est comme si on effaçait la mémoire de l'organisme", résume Anne-Laure Mager. En banlieue de Zurich, en Suisse, un immeuble construit comme une énorme cage de Faraday permet de se réfugier des ondes sans pour autant aller dans une zone blanche.

Ouvert en 2014, il ne compte que quatorze places et elles y sont chères (entre 1000 et 1400 euros par mois). La municipalité a fortement aidé à la réalisation du projet et prend même en charge une grande partie du loyer des résidents. En France, encore aucun dispositif semblable n'existe. Le projet de l'association Perdons pas le fil pourrait être le premier.

En plus de l'examen mis en place par le docteur Belpomme, s'isoler semble d'ailleurs la seule solution des personnes électrohypersensibles pour démontrer qu'ils le sont. Ainsi, en 2015, pour la première fois en France, le tribunal de Toulouse a reconnu le statut d'handicapée à Marine Richard, électrohypersensible, contrainte de vivre recluse dans une grange située à 1000 mètres d'altitude dans les montagnes ariégeoises.

"Le lien de causalité entre le déficit et la cause (les ondes, ndla) était évident. Il suffisait de supprimer la cause pour que le symptôme disparaisse. C'est donc l'environnement qui crée le handicap", expliquait alors le médecin Pierre Biboulet qui était allé la voir à son domicile. C'est grâce à cette constatation que le tribunal avait tranché en sa faveur.

Une souffrance amenée à durer ?

C'est comme si vous étiez allergique aux cacahuètes et que le gouvernement vous obligeait à en manger
Violette est très remontée contre les pouvoirs public. Sa demande de statut de handicapée a été rejetée à deux reprises. Elle attend désormais d'avoir 18 ans pour réessayer. "Je suis plus en colère contre eux qu'envers les opérateurs, explique-t-elle. Ils sont au courant du problème, mais continuent de donner des licences aux opérateurs pour augmenter la puissances des antennes ou en placer des nouvelles." "Parce qu'il y a des risques, il faudrait couvrir toutes les zones, toutes les montagnes, c'est n'importe quoi", déplore Clément.

Sophie Pelletier, porte-parole de l'association Electrosensibles de France, pointe elle une "politique publique peu courageuse" : "On nous explique qu'on ne va pas pouvoir se passer des nouvelles technologies, alors qu'il y a de plus en plus de personnes qui ne les supportent pas." L'électrohypersensibilité n'est toujours pas reconnue en France.

"La seule solution est de revoir la réglementation, explique Catherine Gouhier du Criirem. Actuellement, c'est un réglementation qui ne pense pas à l'utilisation de ces ondes sur le long-terme. Elle se contente du court-terme."

Des ondes moins puissantes pourraient réduire l'exposition. "Il faudrait alors plus d'antennes et donc des investissements importants de la part des opérateurs, précise Catherine Gouhier. C'est une histoire de gros sous avec des lobbys importants face auxquels les pouvoirs publics ne peuvent faire face."

Yves montre sa mallette dans laquelle il entrepose plusieurs appareils de mesure d'ondes. Depuis qu'il est devenu électrohypersensible, il essaie de sensibiliser ses proches et apporte sa malette partout : "Ce qu'il faut, c'est d'abord que soit reconnu l'électrohypersensibilité en France et que des structures soient mises en place."

"Il faut conserver des zones blanches et imposer de nouvelles normes pour la construction de bâtiments pour empêcher que les ondes n'y entrent", ajoute-t-il.
On nous soumet à une souffrance, c'est à l'encontre de tous les règlements et des libertés de chacun
Il suffit d'allumer le wifi de son smartphone pour se rendre compte de la quantité d'ondes à laquelle on est exposé sans même le savoir. Place du Capitole, à Toulouse, les ondes d'une dizaine de bornes wifi sont reçues. / © Aubin Laratte / France 3
Il suffit d'allumer le wifi de son smartphone pour se rendre compte de la quantité d'ondes à laquelle on est exposé sans même le savoir. Place du Capitole, à Toulouse, les ondes d'une dizaine de bornes wifi sont reçues. / © Aubin Laratte / France 3

"Les gens demandent de plus en plus d'ondes", déplore Evy. Dans la Creuse, restera-t-elle protégée des ondes ? Clément pourra-t-il rester à l'abri en Hautes-Pyrénées ? Le "fond de vallée" de Violette lui permettra-t-il de continuer à vivre sans souffrance ? Anne-Laure Mager pourra-t-elle finaliser son projet de zone blanche dans les Pyrénées-Orientales ?

Le temps est compté. Les politiques veulent mettre fin aux zones blanches. Emmanuel Macron a promis le haut débit et très haut débit partout en France d'ici 2020. Cela passe inévitablement par l'augmentation des surfaces couvertes par les ondes électromagnétiques et donc par l'implantation de nouvelles antennes-relais et la montée en puissance d'autres. Les électrohypersensibles y survivront-ils ?

reportage de fr3 Occitanie sur l'hyperélectrosensibilité


Un ariégeois électrosensible doit vivre dans une camionnette

mardi 22 août 2017

FIPRONIL : L'ANSES N'A PAS LE DROIT DE CONCLURE A L'ABSENCE DE RISQUE par le réseau environnement santé

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Montreuil, le 21 août 2017


FIPRONIL : L'ANSES N'A PAS LE DROIT DE CONCLURE A L'ABSENCE DE RISQUE

Au moment où vont se tenir les Etats Généraux de l'Alimentation, l'affaire des œufs au fipronil illustre la nécessité d'avoir un nouveau regard sur les risques environnementaux et sur le rôle joué par l'alimentation dans ces risques.

Le rapport de l'ANSES publié le 11 août dernier conclut à un risque négligeable mais les autorités continuent néanmoins de retirer les œufs et les produits dérivés et de tuer les volailles contaminées. L'opinion est à juste titre en droit de se demander où est la vérité.

Il serait plus cohérent de parler en fonction de la nature du risque, ce qui passe par la différentiation claire entre le risque aigu et le risque chronique, mais aussi devrait amener à pointer les insuffisances de connaissances pour répondre à la question du risque.

Le risque aigu correspond à la probabilité d'observer un effet sanitaire à court terme. Pour le fipronil, il est faible si on extrapole à l'humain les effets observés chez l'animal et au regard des cas d'intoxication humaine décrits dans la littérature.

Le risque chronique correspond à la probabilité d'effets survenant des années, voire des décennies plus tard, à la suite d'une exposition qui peut même être de courte durée, notamment si elle a lieu pendant la grossesse.

Pour juger de l'ampleur du risque chronique, il faut évaluer :
  • les différents effets possibles
  • les différentes sources d'exposition
Dans le cas du fipronil, les normes utilisées pour juger du risque reposent sur les études de toxicité chronique chez le rat et un effet (convulsions) dont l'intensité augmente avec la dose. ll existe une dose à laquelle cet effet ne survient pas, ce qui permet de déduire une norme en appliquant des facteurs de sécurité.

Le discours des autorités repose sur cette norme. Mais est-ce bien l'effet le plus pertinent ? La perturbation des hormones thyroïdiennes est mise en évidence chez le rat, avec notamment la survenue de cancers de la thyroïde à la plus forte dose. C'est ce qui a conduit l'Agence de Protection de l'Environnement des Etats-Unis à classer le fipronil comme cancérogène possible. Cet effet n'a pas été retenu pour servir de base à la définition d'une norme au motif que le mécanisme serait spécifique au rat. Ce point est aujourd'hui remis en cause. Des données nouvelles font apparaître le fipronil comme perturbateur endocrinien notamment des hormones thyroïdiennes à partir d'un autre mécanisme. Dans ce cas, il faut juger du risque par rapport aux autres substances susceptibles d'avoir le même effet, voire évaluer l'effet cocktail (sur 28 pesticides testés, 15induisent cet effet). La question mérite d'être prise en compte sérieusement car le cancer de la thyroïde progresse partout dans le monde (doublement en 10 ans) et notamment en France (taux multiplié par 5 depuis 1980). Or on ne peut pas continuer d'expliquer cette progression par le simple effet du dépistage.

Quelles sont les autres sources d'exposition ?

Pour juger du risque lié au fipronil, il faut connaître toutes les sources d'exposition car l'organisme humain ne fait pas la différence entre ce qui vient des œufs et ce qui vient d'autres sources. Une source d'exposition potentielle importante est celle liée aux animaux domestiques. Il est paradoxal de continuer d'utiliser le fipronil comme antipuces chez les chiens et les chats sans s'interroger sur la contamination humaine, car, par principe, un animal domestique se caresse et la substance passe ainsi sur la peau, voire peut être ingérée chez l'enfant qui va se sucer les doigts. L'animal domestique va aussi transférer le fipronil dans l'habitation. Une étude américaine a montré une présence dans les poussières domestiques 15 fois plus élevée que dans celles de l'air extérieur. Avec quelles conséquences du point de vue exposition pour la famille, notamment pour les jeunes enfants ?

Il faut par ailleurs aujourd'hui connaître les différentes sources d'exposition notamment via les produits dérivés des œufs.
Le fipronil s'accumule dans les graisses. Une exposition de courte durée peut ainsi contribuer à une exposition de longue durée car le fipronil va être relargué petit à petit à partir de la dose stockée dans les graisses.

En conclusion

Au vu des questions posées notamment celles concernant la perturbation endocrinienne ou les autres sources d'exposition, il n'est pas possible aujourd'hui de dire comme le fait le rapport de l'ANSES que le risque à long terme est négligeable sans apporter des réponses à ces questions.

De façon plus générale, cette affaire montre que si notre système de sécurité sanitaire est performant sur le plan du risque à court terme, principalement celui de type biologique, il n'est par contre pas suffisamment adapté à la lutte contre le risque chimique à long terme. Cela montre la nécessité d'une politique ambitieuse de Santé environnementale pour pouvoir répondre rapidement aux questions posées pour évaluer le risque chronique. Cette question doit être débattue à l'occasion des Etats Généraux de l'Alimentation pour penser un nouveau modèle alimentaire qui ne se soucie pas de produire toujours plus mais aussi de produire mieux c'est-à-dire en ne nuisant pas à la santé.


http://www.reseau-environnement-sante.fr/cp-fipronil-lanses-na-droit-de-conclure-a-labsence-de-risque/

Nos interventions dans les media :
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-- 
Maïté Gérard
Chargée de campagne "Villes et Territoires sans PE"
Réseau Environnement Santé (R.E.S)
Mundo Etic, 47 Av. Pasteur, Montreuil (93100)
01.80.89.58.37
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vendredi 18 août 2017

À rebours du Plan Migrants, la société civile se rassemble autour d’une Conférence nationale citoyenne sur la politique migratoire de la France

À rebours du Plan Migrants, la société civile se rassemble autour d’une Conférence nationale citoyenne sur la politique migratoire de la France

Près de 260 associations et collectifs de solidarité et de défense des droits humains lancent l’organisation d’une Conférence nationale citoyenne sur l’accueil et les droits des personnes migrantes en France. Elles publient leur appel sur Mediapart et Bastamag ce 25 juillet.
Cette décision des acteurs associatifs et de citoyens est une réponse au Plan Migrants du Gouvernement publié la semaine dernière. Ce dernier ignore les propositions portées par celles et ceux qui, sur le terrain, agissent pour le respect de la dignité et des droits des personnes migrantes en France, et pallient l’absence ou l’insuffisance de volonté et de moyens de l’État.
Alors que les demandes de dialogue et de concertation des membres de la société civile restent sans réponse, ces derniers décident aujourd’hui de lancer un processus de concertation et de propositions entre tous les acteurs, afin de montrer, expériences à l’appui, qu’il est possible d’accueillir dignement et autrement les migrants dans notre pays.
Cette Conférence nationale citoyenne se tiendra fin 2017.

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